Randonnée Bréhat – Le Trieux
23 et 24 mai 2026
Mercredi, rendez-vous pris pour amarrer Méaban et Glazic sur la remorque, vérifier une dernière fois le matériel et faire les ultimes réglages techniques. Puis, vendredi 22, départ pour Lézardrieux !
À 16h45, la Volvo est attelée, les bateaux bien sanglés, et c’est parti pour six rameurs du Cercle d’Aviron de Vannes : Laure, Christophe, Karine, Jean-Pierre, Christophe et Isabelle. Après 2 heures de route à bord des 2 véhicules nécessaires pour transporter tout ce monde, nous retrouvons Willy, et son amie Stéphane, ainsi que les bénévoles du club d’aviron du Trieux, toujours prêts à donner un coup de main et visiblement, une boîte à visserie complète, ce qui, dans notre cas, relevait presque du miracle.
Car, évidemment, Glazic avait décidé de voyager en mode “pièce détachée” et avait perdu deux écrous au niveau des portants. Rien de dramatique : quelques clés, un peu d’huile de coude, et l’affaire était réglée. Pour récompense, de bonnes galettes et crêpes nous attendaient. Après cette séance de mécanique improvisée, direction Pleubian pour deux nuits dans notre home sweet home. Et pour les plus courageux , ou les plus imprudents, direction la plage pour un bain de 23h sous un quart de lune. Je ne dénoncerai personne… mais deux téméraires ont clairement poussé le concept de préparation musculaire un peu loin.
Samedi, dès 7h00, tout le monde était déjà réveillé, prêt à rejoindre Kermarquer. Après un petit déjeuner copieux offert par le club de Lézardrieux, les sept rameurs commençaient sérieusement à s’impatienter. Le briefing de 9h30 à peine terminé, la yole et le double étaient à l’eau sous un soleil discret, caché derrière quelques stratus. Les conditions semblaient parfaites : pas de vent, coefficient 50, donc théoriquement pas trop de courant. Théoriquement.
Nous avons descendu le Trieux en suivant scrupuleusement le balisage. Certes, c’était une randonnée, mais Méaban, menée par Isabelle, et Glazic, confiée aux deux Christophe, se retrouvaient tout de même dans le groupe de tête d’une armada d’une vingtaine d’esquifs. Autant dire que l’esprit sportif était bien présent : hors de question de se faire doubler par la Rochelle ou Belbeuf, il y a des réputations qu’on entretient avec panache.
Au fil du parcours, nous passons le port de Lézardrieux, puis l’embouchure du Trieux, avant de mettre le cap sur Bréhat, enveloppée d’une légère brume. Là, le deuxième défi du jour se présente : éviter les cailloux. Une formalité, bien sûr… enfin, dans la mesure où l’on considère qu’anticiper un récif à temps est un détail. Mais quel spectacle ! Le décor est magnifique.
Après 12 km, débarquement sportif sur la plage du Guerzido pour éviter que tout le monde ne s’embrasse un peu trop fort à l’accostage. C’est l’heure du pique-nique. Après ces agapes, certains partent explorer l’île, tandis qu’une rameuse s’essaie à l’art délicat de la godille, histoire de compléter sa formation maritime express.
À 14h30, miracle : personne ne s’est perdu sur Bréhat. Il est temps de reprendre la mer, et cette fois le soleil est franchement de la partie. Nous repartons pour le retour, avec un aller-retour entre les îlots de Bréhat, puis une nage alignée entre la cardinale Ouest Men Joliquet et le tombant de la pointe sud de Bréhat. Le retour de 17 km se fait à contre-courant : sportif, exigeant, et parfait pour rappeler à tout le monde qu’un week-end plaisir peut aussi ressembler à un stage très sportif. Mais les rameurs ne lâchent rien et sont plus que ravis de poser enfin le pied à terre à temps pour l’apéro, animé par un groupe de sonneurs, suivi d’un cochon grillé.
La soirée se poursuit dans une belle ambiance, avec un groupe de chants de marins : Les Ouf du Dyjau. Autant dire que la récupération active a pris un tour très festif.
Dimanche, nos rameurs sont toujours motivés à retrouver leurs sellettes. Et dès le briefing, surprise : un petit challenge de 1500 mètres est annoncé. Évidemment, nous entrons immédiatement dans le jeu. Une tactique est mise en place, les départs sont répétés deux fois pour s’échauffer, et le top départ est donné.
Isabelle, à la barre, choisit une position stratégique pour profiter au mieux des courants et s’écarter des autres bateaux. Méaban et le double sont parfaitement lancés, tout le monde rame fort, très fort, et Méaban prend la tête. Il était temps : la ligne est franchie juste avant que les Rochellais ne viennent jouer les trouble-fête. Mais la victoire est bien à nous. Yes ! Nous remportons la Josken Cup, Josken signifiant “joue de porc” en breton. Le double n’a pas démérité non plus.
Après cette course menée à un rythme endiablé, le reste de la journée se fait plus paisiblement vers la Roche Jagu, dans les méandres du Trieux et son écrin de verdure. Cette forteresse médiévale du XVe siècle, restaurée en 1968, est entourée d’un parc classé Jardin Remarquable. Entre les plantes médicinales, la roseraie et les sentiers arborés, le lieu se prête admirablement à la flânerie. Nous embarquons ensuite pour rejoindre le port de Lézardrieux.
Au total, 16 km de navigation dans la journée. Les deux bateaux sont mis sur la remorque, puis nous prenons le temps de déjeuner et de recevoir notre prix : un met costarmoricain très apprécié de nos hôtes… devinez quoi ? De la joue de porc, évidemment ! Le prix remporté par « les hermines en folie » est partagé avec toute l’assemblée encore attablée.
Nous steckons une dernière fois le bateau, puis prenons la route du retour. À l’arrivée, une petite bière de débrief nous désaltère comme il se doit, et nous rentrons chez nous avec la Keep Trégor Spirit.
Un grand merci aux bénévoles du club d’aviron de Bréhat pour leur accueil chaleureux et leur organisation impeccable. Bref, un week-end de rêve, sportif, convivial, et suffisamment épique pour faire oublier qu’on a pagayé, bricolé, navigué, ri, chanté et mangé de la joue de porc en trois jours.